lundi 30 août 2010

Qui aura l'honneur d'être décoré du cadeau d'honneur ?

C'est bien, vous ne réclamez pas, alors annonçons en fanfare et cotillons les deux derniers gagnants... enfin gagnantes à dire vrai. Vous avez été nombreux et nombreuses à participer blablabla...

Pour le jeux des gens impies cachés dans un cimetière sacré minahasa, bravo à une certaine Marie ! Et sachez que le piège c'était qu'il n'y en avait pas.

Pour le jeux de l'équateur, apparemment celui-ci est mal placé chez certains, héhé... pas si facile que ça en effet, alors bravo à la fameuse Shabyashivavisnu - six fois, un peu au pif peut-être, mais bon.

Bon baisers d'Ubud et avant de partir, voici un florilège de photos sexy habilement déguisées en calendrier 2011, idéal pour le bureau :











dimanche 29 août 2010

Les 21-22-23 (sur une branche temporelle annexe) : seuls à Makassar et Kuala Lumpur

Ejectés d’« Indo 2010 » sur une base quelque peu discriminatoire (les blonds ne sont apparemment pas les bienvenus en terre inconnue), nous nous ruons sur le premier taxi et, après une habile négociation (100 roupies au lieu de 100 roupies), nous voilà en route vers le centre-ville de Makassar. Il est 4h30 et le soleil commence déjà à se coucher.

Seulement voilà, arrivés dans la rue Daeng Tompo, point de trace d’un “Royal Regency Hotel”. Au numéro 8, c’est même une vision d’effroi qui s’offre à nous : une petite bicoque bleue coincée au milieu d’un dépotoir et d’échafaudages nous apprend qu’il nous faudra nous passer de lits et dormir sur un siège de coiffeur…

Après avoir remonté et descendu la rue une bonne dizaine de fois, nous nous décidons à demander de l’aide au gentil portier endimanché de l’hôtel Mercure du bout de la rue. Et là, surprise, nous apprenons que nous sommes attendus, que le Mercure n’est autre que l’ancien Regency, qu’il a mystérieusement changé de numéro (32 au lieu de 8) et que le changement de nom date de… il y a deux ans (merci Expedia !).




Nous déposons nos bagages rapidement dans notre belle chambre et nous nous précipitons vers le port, situé deux rues plus loin. Sur le chemin, nous casons une rapide visite chez le dentiste.



Ouf, le soleil est en train de finir sa course ! Nous entamons une très agréable promenade sur le front de mer, accompagnés de dizaines de familles venues assister au même spectacle. Certains jouent de la guitare, d’autres font rire les passants en faisant faire des acrobaties à un singe (décidément, les animaux ont la vie dure en Indonésie).





Soudain, de notre gauche surgit une bande d’adolescents surexcités qui nous demande si nous voulons prendre une photo avec eux (ça, on est habitué), si nous sommes sur Facebook (ça, c’est plus original) et s’ils peuvent nous ajouter comme amis (de mieux en mieux !). D’humeur généreuse, nous lâchons nos noms et prénoms et promettons d’accepter leur requête (ce que nous avons fait, je précise !).


Notre ventre commençant à gargouiller de manière indélicate, nous nous mettons en quête d’une « Rumah Makhan » et, après avoir pensé manger italien (Pizza Ria), japonais (Shogun) ou indien (Rumah Makan Malabar), nous optons finalement pour… « dou poisson et douli » ! Pas n’importe lequel, cependant : au Lae Lae, on choisit son poisson dans une grande glacière située à l’entrée et on le donne au cuisinier qui le grille ensuite devant vos yeux ébahis. Comme vous le constaterez ci-dessous, le chef ne manque pas d’humour (ou alors, il ne comprend pas l’anglais, hypothèse finalement plus probable…).


Après dîner, nous nous promenons dans les ruelles mal famées de Makassar (ça, c’est juste pour créer du suspense), nous faisons agresser deux ou trois fois (oui, les souvenirs s’effacent…) avant de rentrer au bercail et de visionner un long-métrage de qualité (The Parent Trap, pour ceux qui connaissent…).

Le lendemain fera date comme l’une des journées les plus remplies de notre vie :
  • 9h-12h : lecture de nos mails, de Facebook et de deux-trois magazines qui traînent :

  • 12h-15h : lecture de nos mails, de Facebook et de deux-trois magazines qui traînent (on aurait pu mettre une autre photo, mais je pense que vous avez compris…).
  • 15h-17h30 : en route pour l’aéroport.
  • 17h30-21h : vol pour Kuala Lumpur.
  • 21h15-23h00 : taxi vers le centre de Kuala. Le chauffeur nous fait une visite guidée gratuite de la ville en nous expliquant tous ses trucs et astuces pour gagner du temps (la prochaine fois que vous passez par Kuala, demandez-nous conseil, on est des experts maintenant)
  • 23h00 : après maints détours à la recherche de notre petit hôtel, bien caché devant les tentes des marchands de rue, puis trois tentatives infructueuses pour ouvrir notre chambre, nous posons enfin nos sacs et dormons du sommeil du juste (ou du paresseux, tout est une question de point de vue).

Kuala Lumpur


Quand nous émergeons enfin de notre chambre d’hôtel le lundi matin, nous avons une feuille de route bien établie pour occuper notre dernière journée de vacances : marcher dans les rues de Kuala Lumpur pendant 10 heures sous une température d’environ 35°C. Même pas peur.

Malheureusement, avant même d’avoir pu mettre ce plan à exécution, Aurélie se fait séduire par une Malaysienne d’origine indienne qui nous vend un retour en taxi à l’aéroport. Pire même, elle finit par nous alléger de 200 ringgits pour une visite guidée en compagnie de son mari. Tous nos plans tombent à l’eau.

C’est donc dans une voiture climatisée que notre guide Andrew nous emmène vers les grottes de Batu (“Batu Caves”), où chaque année lors du festival de Thaipusam, plus d’un million de personnes se rassemblent pour monter des marches et se percer des trous dans les joues (et accessoirement célébrer la gloire du dieu hindou Murugan). Après avoir dressé la typologie des touristes qu’il a l’habitude d’accompagner et de leurs défauts respectifs, notre guide nous raconte par le menu les codes et les traditions qui régissent le festival, et nous laisse gravir les 272 marches qui mènent aux grottes. Petit conseil : pour ne pas se faire réduire en charpie par l’armée de singes qui garde le temple, ne pas oublier ses noix de coco.



Peu après, nous testons sur les conseils avisés d’Andrew des plats indiens tous plus délicieux les uns que les autres, et nous nous convertissons en quelques minutes au régime végétarien (une heure plus tôt, nous rêvions d’une côte de boeuf dégoulinant de sang). Fin négociateurs que nous sommes, nous réussissons à monnayer le repas contre un site web (Andrew a en réalité monté sa société. Oui, nos guides sont des entrepreneurs avant tout).

Nous passons le reste de l’après-midi à marcher dans les rues de Kuala, sous un soleil de plomb, et nous faisons très rapidement la connaissance de Daniel, un vagabond voyageur sans le sou et au chômage qui dépense tout ce qu’il a pour visiter le monde (ses trois centres d’intérêt sont : l’alcool, la salsa, et ... c’est tout). Pendant près de deux heures, cet étrange personnage nous fait visiter la ville, ses bibliothèques, musées et marchés, tout en nous racontant ses anecdotes de voyage. Nous nous quittons après qu’il nous ait offert le thé de l’amitié et nous promettons 1. de lui écrire et 2. de lui offrir un job quand nous serons millionaires (ses principales qualifications, de son avis : “I can talk to people, but I’m so stupid”).


La fin de la journée approche, et nous retrouvons notre guide Andrew et sa femme qui nous emmènent à l’aéroport. En ce début de soirée, tous les musulmans sont partis manger, le trafic est fluide. Pendant le trajet, la discussion tourne essentiellement autour de la situation politique en Malaisie et du “Bobbit Incident“. Nous quittons Andrew et sa femme sur la promesse de nous envoyer des junk mails.

Notre retour en France prendra 24 heures, après un décollage ponctué des vibrations inquiétantes de notre avion (un peu comme si une cinquantaine de machines à laver avaient aménagé la soute à bagages en discothèque).

A l’arrivée à Nantes, une centaine de moucherons nous accueillent en frétillant derrière la porte. Qui a oublié de sortir les poubelles ?

Le 26 : Nuf Nuf à la mer

Précédemment, dans PERDUS.
« Il faut prendre ce bateau pour rentrer chez nous ! »
« Mais la tempête approche Capitaine ! »
« Vous le voulez ce poisson ?! Ou vous voulez renter les mains vides… »
« C’est notre dernière chance d’échapper au pire. »
« Ils arrivent ! »
« Sautez, vite ! Aaaaah ! »

PERDUS

Echoués sur un plage mangrovesque, deux individus jeunes, beaux et intelligents se réveillent en crachant de l’eau.
« Pouah ! Mais où sommes-nous ?! »
« Argh… je ne sais pas… regarde au loin ! »
Les deux apollons musclés rampent difficilement vers d’autres corps, aux pecs saillants et aux visages aquilins, flottants inconscients parmi des débris de bateaux.
« Oh mon dieu nos amis ! »
« Ils respirent encore… »
Après avoir sauvez leurs compagnons d’infortune, le petit groupe explore les terres où le destin les a jeté…
(Fondu au noir.)
« Eh les français, arrêtez de faire les cons ! C’est là-bas vos bungalows !! »

Et voilà, c’est ainsi que nous arrivons sur Bunaken, petit paradis pas perdu du tout et très bien connu des touristes car facilement accessible depuis Manado. Tout le contraire des Togians. Les prix aussi nous rappellent un peu le train de vie occidental. Finalement, que faisons-nous là, me direz-vous alléchés ? Et bien de la plongée pardi !





Sitôt posé le pied sur terre, et avant même de se rassasier, imaginez un peu, nous courons vers le centre PADI le plus proche pour se renseigner sur les diverses possibilités aquatiques et sous-marines qui se présentent à nous pour les prochains jours et nuitées.



Mike peut-il faire l’Open Water (niveau 1 de la plongée) en 2 jours et demi au lieu de 5 ? Oui, bien sûr ! On est funs, on est des plongeurs.
Max, Marie et Tatal peuvent-ils passer l’Advanced (niveau 2) en commençant par la dangereuse plongée de nuit et en trafiquant les tests ? Oui, pour sûr ! I’m a fucking diver !
Elsa et Mig peuvent-ils devenir Master Diver with Danger (niveau super haut) pour chasser l’orque et la baleine à la grenade ? Oh yeah buddies, but i’m still drunk…
C’est donc sous les meilleures auspices (ou hospices) que commencent nos apprentissages avec Ali, un vrai expatrié-plongeur qui fait la teuf tous les soirs apparemment.
Eh oui, ici c’est cool. Envahis de hollandais, nous regrettons de ne pouvoir rivaliser avec nos propres blonds, eux qui se seraient fondus dans le paysage comme mes pieds dans le sable brûlant. Nous mangeons donc, sous des sonorités rocailleuses, bah du riz et du poisson grillé (péché le matin même) avec quelques légumes super épicés pour par changer.
L’après-midi, après la traversée de mangrove sauvage puis la marche sur sable mouvant, c’est encore dubitatifs que nous prévoyons de réaliser l’activité coutumière des touristes insulaires : j’ai nommé le snorkeling (ou tubage pour l’Académie Française). Et quel choc nous attendîte sous l’eau, quelle beauté révélée s’épanouissâsse sous nos yeux affolés, quels mystères se dévoilâssent à nos pauvres sens submergés ? Des coraux, des tombants et des poissons de toutes tailles et de tout bancs qui viennent vous faire des léchouilles au visage, vous renifler la main et vous câliner la joue… Mais soudain, tout s’accélère précipitamment et notre inertie de flottaison s’emballe : un terrible courant coure sous nos pieds vers l’abîme de ténèbres ténébreuses. La « black muerte » comme le nomme les autochtones du coin.
Finalement, il y aura fallut une débauche d’énergie intense à certains pour revenir sain et sauf au rivage.
Remis de ces émotions, nous abordons alors la plongée de nuit avec l’espoir fou de voir des poissons et des coraux – oui, le plongeur est très féru de ces choses là et aime à répertorier tous les styles et variations de la vie sous-marine, de la petite bébête au gros squale : « Tiens, tiens, une crevette à crête tricolore femelle », « Oh, un ibiscus florensis à yeux bleus », « Parbleu, une tortue géniale à pointe noire, on la croyait disparue ! »





Ainsi va la vie, il fait noir dans cette plongée… mais le monde de Cousteau est plein de surprises, ainsi de gros crabes en crevettes, d’araignées et rascasses nous ne sommes pas déçu du voyage, bien au contraire. Et les journées dans le monde de Nemo s’annoncent palpitantes…
A suivre…



(Attention, ceci était la description de la vérité déformée par la fiction.
Toute ressemblance est fortuite et non-exhaustive,
et tout abus est volontaire.)


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Super-jeu-concours-pour-gagner-des-bibelooooooooooots !
C’est simple comme bonjour, vous qui nous pointez sur la carte du monde depuis le départ, comptez combien de fois nous aurons passé la ligne de l’équateur en tout, depuis Paris jusqu’à Paris. C’est pas bien dur, la rapidité risque de l’emporter…
Bisous from Pepito !


jeudi 26 août 2010

Le 24 et le 25 : incursions en pays Minahasa

Résultat jeu-concours tarsiers :
Merci pour votre participation massive à ce jeu savamment camouflé dans le précédent post (comme quoi, même si c'est long, vous lisez !! :-) ).
La réponse était donc : 17 tarsiers et le gagnant est Romain !

Pour les cadeaux il va encore falloir être patient, il n'y a toujours rien là où on est... On compte sur Bali la semaine prochaine pour faire le plein !


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Lundi 24

Que seraient les vacances sans l'inévitable lever de soleil incroyablement magnifique à ne surtout pas louper sous aucun prétexte sous peine d'exclamations ad vitam eternam "whaaaatt???!!!!! you missed the sunrise ?!!!! it was amaaaaaaaaaazing!!!"

Ne voulant pas froisser les autochtones nous nous levons donc à 5h du matin pour assister sans doute au plus beau lever de soleil depuis la création de la terre. Mais après une soirée vin de palme et chansonnettes, les yeux sont croûtés et les bouches asséchées. Le pas est traînant, le moral froissé : normal, les nuages s'amoncèlent dans le ciel. A 5h30 sur la plage : le soleil est bien là. Derrière trois couches de nuages. "What an amazing suncloud!!!"







La lumière, quand même, vaut le détour. Notre lit encore plus.

Après la sieste nous attendent le petit déjeuner à base de donuts (inédit encore) et l'observation des cimes à base de toucan (inédit pour ceux qui l'ont raté la veille). Miguel, la tête dans son donut, loupera la photo ("encore !" diront les médisants, "oh le pauvre !" diront les bienfaisants).

Nous quittons ensuite la jungle pour rejoindre une autre jungle. Sur le chemin nous visitons un vieux cimetière Minahasa accueillant des vieilles tombes scellées par des vieilles pierres gravées de vieilles inscriptions. Les vieux corps, eux, ont disparu dans on ne sait quelle vieille vallée.

Et voici un vieux jeu-concours vieilles tombes :
Citez les personnes présentes sur la photo ci-dessous de gauche à droite (attention il y a un piège).



Steven nous conduit dans les hauteurs de Tomohon, là où il frais et humide, très humide. La route n'est pas longue, elle sera ponctuée de "Steven, if you find an mastercard ATM can you stop please?" et de "Steven please, if you find a supermarket can you stop to buy a chessgame?". Auxquels s'ajouteront ensuite "Steven, I need a snorkel, can you please stop somewhere?" et "Steven, I want to piss" puis "Steven, I want to eat"

Le déjeuner de ce jour restera dans nos mémoires. Pas par la qualité de ses toilettes (notées 3 sur l'échelle Godet) ni par la qualité de son programme TV (noté 8 sur l'échelle Gravouil) ni sur la qualité de son riz (noté 10 sur l'échelle Diaz). Mais par la présence inespérée et complètement inattendue (elle nous arrachera des cris de béatitude) d'un DESSERT. Un plat sucré donc, à base de chocolat et de la consistance d'une panacotta. Sans le goût du chocolat ni la douceur de la panacotta mais avec suffisamment de sucre pour nous faire planer dans les limbes du bonheur.

Nous arrivons en début d'après-midi dans notre lodge au cœur de la jungle, sous des cordes de pluie équatoriale. Tous réunis dans un seul cottage intime on se croirait au ski. Odeurs de chaussettes, matelas par terre, apéro belote.

Steven nous amène aux sources chaudes du coin. Aménagées pour le bonheur des curistes, elles devraient enchanter nos corps endoloris. Malheureusement nous arrivons un lundi impair après 16h dans une voiture Toyota. Toutes les conditions de la malchance : la piscine est fermée. Nous repartons pour d'autres sources naturelles au pied des volcans.

Cette fois le bassin est ouvert. Il fait nuit, l'eau fait au moins 40°, il pleut, c'est chaud, c'est frais, c'est bon.

La soirée se déroule selon un rythme bien rôdé : alcool de palme et belote aux sons de la jungle.

Mardi 25

C'est la journée des cascades. La première ne se mérite pas : seulement 10 minutes de marche (glissante) mais le spectacle coupe les souffles longs. Plus de 30 mètres de trombes d'eau déversées dans une fosse de 10 mètres. S'ensuivent escalades, glissades et gauffrades sur les pierres mouillées.









La deuxième cascade se mérite. Il faut s'enfoncer au coeur de la jungle en voiture, se faire escorter par 10 enfants, trouver un paysan à machette, le suivre sur un sentier abrupt, descendre 300 marches glissantes, finir dans la boue.



Après une heure de progression mi pieds / mi culs, on atteint un petit paradis. Trois cuvettes chaudes dont l'une de la taille d'une piscine, abritant papillons géants (voir photo) et Indonésiens post pubères en quête de spiritualité dans la jungle.



Mike bien sûr testera pour nous l'apnée pendant 5 minutes dont voici ci-dessous la petite historette :



En fin d'après-midi nous gagnons un troisième point d'eau : le fameux lac aux trois couleurs.
"Mais ce lac il a vraiment trois couleurs ou alors ça dépend du soleil ?
- Je sais pas, moi j'ai compris qu'il changeait de couleur selon la lumière
- Ah donc aujourd'hui comme il y a pas de soleil, il sera couleur caca ?
- Tout à fait ! Mais Steven a dit que ça serait magnifique
- Aaahh"

Nous voilà au lac. A savoir l'endroit le plus aménagé de la Sulawesi du Nord. Les toilettes sont notées 10 sur l'échelle Godet et le petit chemin en pierre est noté 9 sur l'échelle Gouard des petits chemins. Et surtout, le lac est réllement de trois couleurs : vert, bleu et marron (non ce n'est pas une hallucination de nos yeux embués de bière et de bananes frites). La beauté du site réveille en Mike, Max et Tatal une féminité trop longtemps refoulée.











Nous retournons à l'hotel aux sons des éternels "Steven, if you find a mastercard ATM, please stop", "Steven if you find a chessgame on the road, please steop", "Steven, if you find palm wine, please stop".





Partis à 7, nous rentrerons à 9. Oui, il est vraiment possible de caser quatre touristes sur une banquette arrière et deux Indonésiens sur le siège passager. Nous l'avons testé pour vous.


mardi 24 août 2010

Du 19 au 22 - De Palu en Manado

Jeudi 19 & Vendredi 20 - En transit

Précédemment, dans Le Blog : huit personnes, qui ne se connaissent pas, ne se font pas confiance et cachent quelque chose de terrible, arrivent sur l’île perdue de Sulawesi…
« Prenons cet avion, suivez-moi ! »
« Non, Mike ! Ne mange pas ça ! »

« Prenons cette voiture, allez les gars ! »

« Non Mike ! Ne touche pas ça ! »

« Prenons ce bateau, tous avec moi ! »

« Mais qui êtes-vous réellement les Blonds ?! » « Montez dans cet avion, c’est votre dernière chance. »
« Non… »


Maintenant, dans Le Blog :
Comme d’habitude, nous nous levons dès potron-minet pour partir… en transport ! Vous le savez bien, nous sommes férus de transports… (Voir le résumé quatre lignes plus haut.)
Mais comme vous commencez à tout savoir sur les transports endémiques à l’île, nous ne vous parlerons jamais ni de l’adieu avec notre bateau de pécheurs préféré (qui nous a ramené à Ampana), ni des horribles morts que nous avons frôlés à maintes reprises en battant le record du fameux rallye Ampana-Palu.





Le point du jour : la conduite en Indonésie
Sans leurs chœurs chaotiques, sans leurs éructations permanentes, sans leur rythmes syncopés en perpétuels dialogues, les routes de ce beau pays seraient privées de leur âme… Nous parlons bien sûr des klaxons ! Fidèle ami du conducteur, il crée le "son-qui-lie", ce "tuuuut" parfois nasillard, parfois rond comme une note d'opéra qui permet aux conducteurs de vaincre la route.

Pour te permettre, lecteur, de comprendre le klaxon indonésien, il te faut d'abord désapprendre tout ce que tu sais du klaxon occidental. En Indonésie, un "tuuut" n'est pas un cri de colère mais une parole, un mot, la composante primitive et courtoise d'un dialogue. A titre d'illustration, imaginons deux voitures, l'une derrière l'autre, sur une route étroite en Sulawesi du Nord. La voiture de derrière, plus rapide, s'apprête à doubler la seconde. Un dialogue s’instaure :
- Tuuut
- Tuuut

- Tut. (une pause). Tuuuuuut.

- Tuut Tuut. Tuuuu uuut

- Tuuut tuu tuu tuut.

- Tut (pause). Tuuu tuuuuuuuuut !!

- Tuuu tuuu tuuut, fait la voiture de derrière en doublant. Une fois son dépassement terminé, elle reprend : tuuuut !

- Tuuu tuuut !


Ce dialogue, qui n'aura pas duré plus de quinze secondes, pourrait être traduit de la manière qui suit :
- Salut Roger, c'est moi Joseph ! (les noms ont été francisés pour le bien de nos lecteurs gaulois)
- Hééé, salut ! ça va ?

- Ouais nickel ! (une pause). Dis-moi, y'a moyen que je te double, là ?

- Ouais ouais pas de souci, fais-toi plaisir ! T'es à la bourre ?
- J'ai un tas de touristes français à l'arrière, ils ont faim. Tu me préviens quand je peux doubler ?

- Pas de souci ! (pause) Vas-y roule ma poule, y'a de la place !

- OK ! Attention, je double !! fait la voiture de derrière en doublant. Une fois son dépassement terminé, elle reprend : merci mec, à plus !

- Salut mon vieux, à la prochaine !


La conduite, en Indonésie, pourrait ainsi se résumer en un mot : courtoisie. Ah et puis un autre aussi : DANGER.

Point Langage :
L’indonésien est une langue si simple dans sa forme, tant au niveau de la conjugaison et de la grammaire qu’au niveau des sonorités, qu’ils ont décidé de compliqué tout ce qui concernait les salutations.
Exemples, tout est précédé de « Selamat » qui veut dire « Bonne chance » :
- le matin (entre le lever du soleil et 10h59), on dit : selamat pagi.
- le moment de manger (11h à 14h59) : selamat siang.
- l’après-midi (15h au coucher du soleil – vers 18h donc) : selamat sore (e = é).

- quand il fait noir (la moitié du temps donc) : selamat malam.
- le bonne nuit : selamat tidur (u = ou).

- quand on s’en va : selamat tingal.
- quand l’autre s’en va : selamat jalan.

Il existe aussi une formule lorsque vous êtes un nombre pair dans une pièce et si au moins trois personnes ont mangé des œufs au petit dèj ou si quelqu’un sent la tomate, sauf si on est un vendredi impair ou si la moyenne d’âge des personnes présentes est supérieur à 28 ans et demi. Mais ceci est votre première leçon d’indonésien, on va pas compliquer la tâche.
Allez, un dernier pour la route : Selamat datang, « Bienvenue ».


Point Musique :
L’Indonésie est un pays de toute beauté à la culture séculaire admirable – tout routard te le dira cher lecteur. Pourtant, ces habitants font preuve d’une faute de goût dantesque lorsqu’il s’agit de musique. Tout n’est que mièvrerie gnangnan de chansons en anglais issues d’improbables groupes locaux dont les origines demeurent un mystère. Et il semble que chaque voiture ne possède en moyenne qu’un seul CD ou, pire, une seule cassette (parfois, le concerto des klaxons semble plus doux à nos oreilles que la répétition infinie de ces chansons qui sont sûrement testées ici sur nous avant d’être autorisées en enfer)…
Sans vouloir prophétiser sur l’avenir de ce gentil peuple – si gentil qu’il en parait extraterrestre – cette faiblesse socioculturelle est un grave frein à leur développement géostratégique et l’on peut même dire qu’ils ne sont pas sortis de l’auberge !

Point Boisson :
Lorsque nous revenons exténués d’une de nos terribles aventures, nous, les explorateurs blancs gros et gras et affamés, considérons mériter les meilleurs rafraîchissements qui soient en guise de récompense. De la bière en somme. Hors il s’avère que trouver de la bière dans un pays musulman (le plus grand du monde avec plus de 200 millions de croyants), qui plus est en période de Ramadan, est une épreuve sans fonds ! Depuis quelques temps, certains – ou plutôt certaine(s), face au sevrage forcé d’alcool, montrent des symptômes aggravés de delirium tremens et essayent par tous les moyens de distiller tous les fruits qui leur tombent sous la main, et ceci à l’aide d’un alambic de fortune fabriqué à base de tubas. Inexplicablement, la lotion désinfectante d’alcool pure a disparu. On vous aura prévenu, on ne voyage pas sans risques nous !



Point Guide :
Ceux qui suivent assidûment ce blog (c’est-à-dire qui prennent des acides en lisant le blog) l’auront noté, notre guide s’appelle Benyamin. Cet indonésien rangé a tous pour être qualifié de « méga-sympathique » et en plus il parle français (en tout cas beaucoup mieux que mes pieds parlent chinois). Ce qu’il y’a d’anecdotique ici, c’est que nous avons réussi à tomber pilepoil sur un chrétien, de plus catholique (la majorité de ceux-ci étant protestante – est-ce à dire que la minorité n’a pas le droit de manifester ?). Mais outre ce détail politico-religieux, être guide en Indonésie c’est pas comme chez nous. En fait, y’a un programme, mais c’est comme qui dirait pas organisé. Donc, dès que nous arrivons quelque part, Ben organise tout sur l’instant ; transport, bouffe ou imprévus. Et des imprévus on en a eu, ne revenons pas là-dessus. Ou alors, c’était prévu finalement…

Point Musique 2 :
En général il faut plusieurs heures au timide français pour se décider à casser l’ambiance et la joie du chauffeur. En essayant de se faire comprendre par force gestes mollassons et nerveux. Tout d’abord le conducteur augmente le son, croyant faire plaisir, avant de comprendre que c’est tout l’inverse. Et voici nos français heureux mais un peu honteux, surtout qu’il ne restait que vingt minutes de voyages.
On peut penser que la musique est le seul défaut des indonésiens mais à bien y réfléchir, tout ceci n’est peut-être pas un hasard. On sait que la musique influe sur les mœurs, autrement dit, s’ils n’écoutaient pas cette musique sirupeuse à faire pleurer les tarsiers, seraient-ils aussi gentils ? A choisir, aimerions-nous qu’ils soient plus humains juste pour ne plus entendre ces horreurs de l’antichambre des ténèbres ? Le choix est bien cornélien...

Samedi 21 – Avion et séparation

Aujourd’hui est une journée funeste.
La journée commençait pourtant bien ! Après une douce nuit dans un hôtel luxueux de la ville de Palu (rien à voir avec la Malaria), nous partons pour l’aéroport pour nous diriger vers le point final de notre périple octogonal, une ville que l’on connait très bien d’ailleurs pour y être passé plusieurs fois déjà : Makassar.
Nous avions beau nous être préparé à l’inévitable, aucun être humain ne peut endurer ce genre de situation sans être accablé par le chagrin et la nostalgie.
En effet, après 12 jours de communion intense avec nos amis les blonds, ceux-ci doivent aujourd’hui nous quitter et retourner (via un périple tout aussi biscornu qu’à l’aller) vers leur contrée nantaise pluvieuse et froide.



Les adieux sont déchirant et forts en émotions, nos blonds en veulent plus. J’entends encore Aurélie nous avouant ses amours pour les Tarsiers qu’elle n’aura pas eu l’occasion de voir et Jérémie s’accrochant désespérément du bout des ongles à ses compagnons d’aventure, sur le tarmac de la piste de décollage, les moteurs de l’avion rugissant, balayant les crinières de feu et séchant les larmes …




« Ca y est ils sont partis … ? »
« Oui ca y est … » « ……………. »
« CHAMPAGNE !!!!!! » (Musique de samba brésilienne et cotillons)

« tututtttt trriiiiii tututuuutt triiii youpiiiii » (sifflets brésiliens et cris de joie)

« Nous sommes maintenant le plus beau couple du groupe ! » s’esclaffent Migza

« Une chandelle de moins à porter !! » pleurent de joie Mike et Max

« Les comptes seront enfin simple à gérer !! » s’enquiert Tatal en gémissant

« Les indonésiens pourront enfin nous voir !! Plus de monopolisation de l’attention ! » crie Marie en sautillant gaiement.


A part ça la journée fut bien simple et habituelle, à base de voyage, d’attente et d’avion.
Nous arrivons donc dans un nouvel hôtel à Manado ce samedi soir, après avoir été refusés dans plusieurs hôtels de luxe qui n’acceptent visiblement plus les groupes d’amis sans blonds, un hôtel dont le nom résonne encore dans nos oreilles tellement il éveille ricanements et plaisanteries grivoises … hihi.
Nous vous présentons, en direct de Manado, Sulawesi, Indonésie, l’hôtel TRAVELLO ! ouééééé comment c’est rigoloooooooooo !!!! J J J



Mine de rien ce petit hôtel qui honore les hommes habillés en femme (???) s’avère très luxueux. Le raffinement des homosexuels n’est donc point une légende...
Nous retrouvons à Manado notre chauffeur-guide-ami nommé Stephen, prêt à nous faire faire le tour des environs avant notre virée sur l’île de Bunaken, ceci bien sûr gratuitement (oui oui les indonésiens ne sont pas des français). Celui-ci nous fait saliver en nous parlant d’un endroit où de drôles de petits singes pourraient hypnotiser l’homme avec des yeux démesurés, mystère mystère …

Dimanche 22 – Tarsius Ridiculus

Première journée sans les blonds : nous décidons de les honorer comme il se doit en réalisant leur rêve le plus cher : partir à la rencontre des singes les plus mignons et ridicules de l’histoire de l’évolution, j’ai nommé les Tarsiers ! (cliquer ici pour en savoir plus)

Nous nous réveillons à 9h ce matin, 9h ! rendez-vous compte de cet exploit ! Ceci uniquement pour amasser un maximum d’énergie pour affronter la jungle, attention, nous ne parlons pas de jungle où l’on peut marcher pied nus dans la boue ! Nous parlons ici d’une jungle où la nature a gagné son combat contre l’homme : une réserve naturelle au nom sauvage de … TONGKOKO ! (musique dramatisante et cris de singes stridents)

Point Aujey :
Nos amis sont en ce moment même toujours à Makassar et s’apprêtent à prendre l’avion vers Kuala Lumpur. Nous ne savons pas actuellement comment se passe leur périple blond, nous espérons qu’ils répondront à l’appel de l’internet pour nous compter leurs aventures !

Nous arrivons donc dans une sorte de gîte au bord de la réserve, armés de nos bombes anti-moustiques, de nos chaussettes anti-pythons et de nos machettes anti-tarsiers, nous enfilons des vêtements en kevlar renforcé, nous nous peinturlurons le corps de vert et de marron et nous nous enfonçons la rage au ventre dans les entrailles de la jungle sauvage de TONGKOKO ! (nouveau cris de singes plus ou moins inquiétants, on entend au loin un envol d’oiseaux géants mangeurs d’humains).



Nous suivons un ranger, qui regarde souvent en hauteur d’un œil inquiet, puis tout d’un coup il se fige ! En nous disant de stopper tout mouvement et ne plus faire de bruit avec son poing dressé, nous nous sommes préparés à ca, nous suivons les ordres et nous terrons dans les fougères empoisonnées.

Première rencontre sauvage : le python-serpent-boa-géant-à-la-texture-de-bonbon



Malgré l’envie qui nous ronge les trippes de le croquer à pleine dents, notre ranger nous ligote à des arbres pour résister à la tentation en nous expliquant qu’il ne faut pas y toucher sous peine … de MORT ! (cris de singes qui se rapprochent !)

Deuxième rencontre sauvage : les blacks-macaques à cul rose
Nous suivons désormais un deuxième ranger nommé Poppy, qui hurle dans son dialecte des choses incompréhensibles : « …. El diablo !!! ….. black muerte ! … »
Les cris de singe sont maintenant tout autour de nous, nous nous serrons les uns contre les autres, figés dans l’horreur.
Mais contre toute attente arrivent une bande de joyeux macaques, se tenant la main et dansant gaiement sur les lianes, nous faisant littéralement la fête, nous zyeutant de leur yeux frivoles et malins. Nos ancêtres nous font rire et nous aimons ça !



Troisième rencontre sauvage : Le toucan préhistorique des cimes
Encore une belle surprise que nous font nos rangers ! A travers le feuillage touffu des arbres suintant la pluie, ces derniers se figent encore une fois en pointant du doigt la cime des grands Teks. « follow us, no sound, no sound ! (suivez-nous, pas de son pas de son !) ». Aucun bruit car oui cet immense oiseau que nous essayons d’entrapercevoir est d’une timidité rare, peut-être son facies préhistorique l’a doté d’une honte ancestrale qui lui permet d’éviter tout contact avec l’humain moqueur. Mais nous le voyons là, juchée sur une haute branche dans toute sa majesté, le toucan est grandiose. Malheureusement notre photo-reporter Miguel arrive un poil trop tard, ou tout simplement en faisant un peu trop de bruit et pouf l’oiseau s’envole, nous empêchant de vous donner une image de cette magnifique rencontre.

Quatrième rencontre sauvage : Tarsius Predatorus Hypnotisus
C’est au beau milieu de la jungle, devant un arbre tri-centenaire creusé par les âges que nous nous arrêtons, riant encore de la rencontre avec les macaques noirs. Nous comprenons tout de suite que notre but est proche, nous pensons tous en ce moment à Aurélie qui comme vous le savez désormais est une fan inconditionnelle de ces choses.
Le voilà, oui enfin nous tombons nez à nez avec un Tarsier ! L’emblème national de l’Indonésie, la muse des artistes locaux et le roi-nain de la jungle. Celui-ci est si étrange que seules des photos peuvent le décrire :



Pour ceux qui se font chier à lire l’intégralité des posts, nous faisons un concours spécial pour eux ! Celui-ci est simple : Il faut donner le nombre de Tarsiers présents dans la photo ci-dessous :



Nous ne vous parlerons pas non plus d’une rencontre que nous ne ferons pas mais non moins étrange, il existerait un animal nommé couscous, doté d’une poche ventrale comme le koala, très rare à voir dans la jungle mais qui vaut son pesant d’or, nous repartons malheureusement sans connaitre la raison de ce nom attisant notre faim (poche ventrale remplie de poix chiches et de merguez ??).

Le soir venu, nous nous remémorons nos aventures de la journée avec les locaux, sirotant encore une fois de l’alcool de Palme (cette fois-ci nous n’y allons pas de main morte), badigeonnés de crème anti-moustiques, en jouant de la guitare sous la pleine lune. Nous allons nous coucher un peu éméchés, nous préparant pour le lever de soleil du lendemain matin sur la plage au sable noir.