dimanche 29 août 2010

Les 21-22-23 (sur une branche temporelle annexe) : seuls à Makassar et Kuala Lumpur

Ejectés d’« Indo 2010 » sur une base quelque peu discriminatoire (les blonds ne sont apparemment pas les bienvenus en terre inconnue), nous nous ruons sur le premier taxi et, après une habile négociation (100 roupies au lieu de 100 roupies), nous voilà en route vers le centre-ville de Makassar. Il est 4h30 et le soleil commence déjà à se coucher.

Seulement voilà, arrivés dans la rue Daeng Tompo, point de trace d’un “Royal Regency Hotel”. Au numéro 8, c’est même une vision d’effroi qui s’offre à nous : une petite bicoque bleue coincée au milieu d’un dépotoir et d’échafaudages nous apprend qu’il nous faudra nous passer de lits et dormir sur un siège de coiffeur…

Après avoir remonté et descendu la rue une bonne dizaine de fois, nous nous décidons à demander de l’aide au gentil portier endimanché de l’hôtel Mercure du bout de la rue. Et là, surprise, nous apprenons que nous sommes attendus, que le Mercure n’est autre que l’ancien Regency, qu’il a mystérieusement changé de numéro (32 au lieu de 8) et que le changement de nom date de… il y a deux ans (merci Expedia !).




Nous déposons nos bagages rapidement dans notre belle chambre et nous nous précipitons vers le port, situé deux rues plus loin. Sur le chemin, nous casons une rapide visite chez le dentiste.



Ouf, le soleil est en train de finir sa course ! Nous entamons une très agréable promenade sur le front de mer, accompagnés de dizaines de familles venues assister au même spectacle. Certains jouent de la guitare, d’autres font rire les passants en faisant faire des acrobaties à un singe (décidément, les animaux ont la vie dure en Indonésie).





Soudain, de notre gauche surgit une bande d’adolescents surexcités qui nous demande si nous voulons prendre une photo avec eux (ça, on est habitué), si nous sommes sur Facebook (ça, c’est plus original) et s’ils peuvent nous ajouter comme amis (de mieux en mieux !). D’humeur généreuse, nous lâchons nos noms et prénoms et promettons d’accepter leur requête (ce que nous avons fait, je précise !).


Notre ventre commençant à gargouiller de manière indélicate, nous nous mettons en quête d’une « Rumah Makhan » et, après avoir pensé manger italien (Pizza Ria), japonais (Shogun) ou indien (Rumah Makan Malabar), nous optons finalement pour… « dou poisson et douli » ! Pas n’importe lequel, cependant : au Lae Lae, on choisit son poisson dans une grande glacière située à l’entrée et on le donne au cuisinier qui le grille ensuite devant vos yeux ébahis. Comme vous le constaterez ci-dessous, le chef ne manque pas d’humour (ou alors, il ne comprend pas l’anglais, hypothèse finalement plus probable…).


Après dîner, nous nous promenons dans les ruelles mal famées de Makassar (ça, c’est juste pour créer du suspense), nous faisons agresser deux ou trois fois (oui, les souvenirs s’effacent…) avant de rentrer au bercail et de visionner un long-métrage de qualité (The Parent Trap, pour ceux qui connaissent…).

Le lendemain fera date comme l’une des journées les plus remplies de notre vie :
  • 9h-12h : lecture de nos mails, de Facebook et de deux-trois magazines qui traînent :

  • 12h-15h : lecture de nos mails, de Facebook et de deux-trois magazines qui traînent (on aurait pu mettre une autre photo, mais je pense que vous avez compris…).
  • 15h-17h30 : en route pour l’aéroport.
  • 17h30-21h : vol pour Kuala Lumpur.
  • 21h15-23h00 : taxi vers le centre de Kuala. Le chauffeur nous fait une visite guidée gratuite de la ville en nous expliquant tous ses trucs et astuces pour gagner du temps (la prochaine fois que vous passez par Kuala, demandez-nous conseil, on est des experts maintenant)
  • 23h00 : après maints détours à la recherche de notre petit hôtel, bien caché devant les tentes des marchands de rue, puis trois tentatives infructueuses pour ouvrir notre chambre, nous posons enfin nos sacs et dormons du sommeil du juste (ou du paresseux, tout est une question de point de vue).

Kuala Lumpur


Quand nous émergeons enfin de notre chambre d’hôtel le lundi matin, nous avons une feuille de route bien établie pour occuper notre dernière journée de vacances : marcher dans les rues de Kuala Lumpur pendant 10 heures sous une température d’environ 35°C. Même pas peur.

Malheureusement, avant même d’avoir pu mettre ce plan à exécution, Aurélie se fait séduire par une Malaysienne d’origine indienne qui nous vend un retour en taxi à l’aéroport. Pire même, elle finit par nous alléger de 200 ringgits pour une visite guidée en compagnie de son mari. Tous nos plans tombent à l’eau.

C’est donc dans une voiture climatisée que notre guide Andrew nous emmène vers les grottes de Batu (“Batu Caves”), où chaque année lors du festival de Thaipusam, plus d’un million de personnes se rassemblent pour monter des marches et se percer des trous dans les joues (et accessoirement célébrer la gloire du dieu hindou Murugan). Après avoir dressé la typologie des touristes qu’il a l’habitude d’accompagner et de leurs défauts respectifs, notre guide nous raconte par le menu les codes et les traditions qui régissent le festival, et nous laisse gravir les 272 marches qui mènent aux grottes. Petit conseil : pour ne pas se faire réduire en charpie par l’armée de singes qui garde le temple, ne pas oublier ses noix de coco.



Peu après, nous testons sur les conseils avisés d’Andrew des plats indiens tous plus délicieux les uns que les autres, et nous nous convertissons en quelques minutes au régime végétarien (une heure plus tôt, nous rêvions d’une côte de boeuf dégoulinant de sang). Fin négociateurs que nous sommes, nous réussissons à monnayer le repas contre un site web (Andrew a en réalité monté sa société. Oui, nos guides sont des entrepreneurs avant tout).

Nous passons le reste de l’après-midi à marcher dans les rues de Kuala, sous un soleil de plomb, et nous faisons très rapidement la connaissance de Daniel, un vagabond voyageur sans le sou et au chômage qui dépense tout ce qu’il a pour visiter le monde (ses trois centres d’intérêt sont : l’alcool, la salsa, et ... c’est tout). Pendant près de deux heures, cet étrange personnage nous fait visiter la ville, ses bibliothèques, musées et marchés, tout en nous racontant ses anecdotes de voyage. Nous nous quittons après qu’il nous ait offert le thé de l’amitié et nous promettons 1. de lui écrire et 2. de lui offrir un job quand nous serons millionaires (ses principales qualifications, de son avis : “I can talk to people, but I’m so stupid”).


La fin de la journée approche, et nous retrouvons notre guide Andrew et sa femme qui nous emmènent à l’aéroport. En ce début de soirée, tous les musulmans sont partis manger, le trafic est fluide. Pendant le trajet, la discussion tourne essentiellement autour de la situation politique en Malaisie et du “Bobbit Incident“. Nous quittons Andrew et sa femme sur la promesse de nous envoyer des junk mails.

Notre retour en France prendra 24 heures, après un décollage ponctué des vibrations inquiétantes de notre avion (un peu comme si une cinquantaine de machines à laver avaient aménagé la soute à bagages en discothèque).

A l’arrivée à Nantes, une centaine de moucherons nous accueillent en frétillant derrière la porte. Qui a oublié de sortir les poubelles ?

1 commentaire:

  1. j'avoue je vous ai suivi avec un peu de retard cette année, mais contente de voir que vous êtes rentrés sains et saufs!!

    welcome back to normal life... and sorry

    bises à tous

    sarah

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