Adieu veaux vaches tortues. Adieu la douche froide, adieu les cours Padi, adieu les pancakes à la fraise. On s’est bien assez prélassés sur l’île (« Quoiiiii ???!!! Prélassés ???!!! Moi j’ai passé un exaaaam mâdâme !!! »), il est tant de regagner l’île (la Sulawesi).
Un dernier snorkeling, une dernière photo, une dernière partie d’échec, un dernier exam Open Water. Notre Mike est certifié ; pour nos prochaines aventures il pourra chasser le requin avec nous.
Le bateau de 14h30 est annoncé. Nous repartons donc, tongs à la main, sacs sur le dos, tuba entre les dents, à la faveur d’une marée basse - pourtant défavorable pour certains. Tatal, dans son allégresse et son insouciance toute printanière, a bondi d'oursins en oursins, plantant ainsi mille et une aiguilles dans la chaire tendre de son pied menu. L'opération s'effectuera sur le bateau, à orteil ouvert. Il restera digne dans la douleur et modeste dans la supplique. D'ailleurs personne ne REAGIRA.
L’arrivée à Manado est piteuse. Notre ami Steven n’est pas là, le réseau téléphonique ainsi qu’une obscure histoire de 0 manqué nous empêche de le joindre. Un plan d’attaque s’impose : dispersion et quadrillage du port. Hors de question de s’aventurer dans une ville inconnue ; les dangers sont trop importants, les agressions par boulettes de riz trop nombreuses.
On sortira presque indemnes de cette péripétie – à part un forfait téléphone sérieusement endommagé – et heureux de retrouver notre Steven qui a accouru à notre secours sur son scooter blanc. Une scène de bonheur complètement incroyable, irretranscriptible. (Nous passerons rapidement sur la honte ressentie quand nous nous sommes aperçus que notre hôtel était à 5 minutes à pied alors que nous attendions depuis 1 heure que Steven viennent nous chercher en voiture)
A 18h bien sûr c’est l’heure du coucher de soleil « à ne rater sous aucuuuun préééétexxte !!! » dans la baie de Manado. Comme on n’a aucun prétexte pour le rater, on y va. Ca donne ça :
Et enfin on embarque dans notre premier bémo (mini bus public duquel on monte et on descend quand on veut) pour rejoindre le marché de produits locaux du coin de la région. Enfin on y trouve les premiers cadeaux faramineux qui feront le bonheur de nos heureux gagnants.
Comment prendre un bémo en Indonésie ? Se poster à un endroit stratégique (difficile à déterminer), arrêter le bon bémo (difficile à déterminer), savoir s’il y a assez de place pour caser des touristes (difficile à déterminer).
Heureusement Steven détermine tout ça en un clin d’œil pour nous et nous voilà trimballer de marcher en restaurant dans un petit bus bleu.
Ce soir-là nous fêtons la dernière soirée de notre Mike. Dignement. Avec langoustes et crabes. Très dignement. Avec karaoké et Pepito mi Corazon.
Sous nos regards médusés et complètement transis de passion, Mike interprète Pepito avec micro et brio. La foule est en délire, elle en redemande. Humblement Mike quitte la scène. Le public crie son nom mais il ne se retourne pas. C’est sa dernière soirée à Manado.
Dimanche 29
ô tristesse, ô désespoir. Pleurs, lamentations, palpitations, tentations, hésitations, dépravations. Nous quittons Sulawesi et d'une Pierre de Cou Mike et Steven aussi.
6h du matin - premières lamentations
"Adieu Steven, ouiiiinnn ouiiiinnnn - Bye bye, ouinnnnnn ouinnnn - Ouinnnnnnnnnn"
Nous quittons notre ami sulawesien avec la promesse de revenir chasser le requin avec lui en Papouasie. Il est triste, on est tristes mais ça sera encore pire dans deux heures.
8h du matin - deuxièmes lamentation
" Adieu Mike d'amour, ouinnnn ouinnnn - Au revoir mes amis d'amour, ouinnnnn ouinnnnn - Ouinnnnnn"
Ces deuxièmes lamentations ont eu lieu dans l'avion/train à l'arrêt "Makassar". L'avion/train est un concept nouveau pour nous : il dépose des gens dans une ville (Mike à Makassar par exemple) puis repart pour son terminus avec les passagers restants (nous pour Denpasar par exemple).
L'arrivée à Bali est torride. Après deux semaines de pluie inhabituelles, le soleil règne et pour une fois l'air est presque sec (80% d'humidité au lieu de 90%). Nous décidons de poser nos sacs à Ubud, la ville d'où on peut rayonner partout dans Bali. Première journée consacrée à la découverte (ou la redécouverte pour certains) de cette ville consacrée aux arts, aux taxis et aux massages.
Comme toujours, le choc est rude quand on arrive à Bali depuis une île beaucoup, beaucoup, beaucoup moins touristique. Pour la première fois depuis trois semaines on découvre des menus qui proposent autre chose que douli et du poulet. Mais bien sûr les prix sont deux fois plus élevés et les Balinais deux fois plus intéressés (deux fois plus beaux aussi, mais c'était pas dur de faire mieux que les Sulawesiens "rrrooooohhh c'est méchant !!! roooohhh !!!").
Après la déambulation obligatoire dans Ubud, nous enchaînons avec la visite obligatoire de la Monkey Forest; forêt peuplée de macaques gris qui mangent des bananes du matin au soir sans autre occupation que l'épouillement et le grattage de fesses. Instructif.
La soirée est un régal pour les sens. Enfin notre premier massage balinais avec moulte roulages, palpages, essorages, tipotages (chastes bien sûr). Une occasion ratée pour Maxime de tomber amoureux : il se fera masser par une vieille balinaise. "Mais elle avait beaucoup d'expérience !" ajoutera-t-il ensuite, l'air béat.
Une fois bien massés et bien restaurés, nous trouverons le repos dans notre chambre "familiale" avec accès direct sur la jungle et ses bestioles.
Lundi 30 - (Not) Easy Riders
Journal officiel des événements du 30/08/2010 :
Ce lundi nous nous sommes tous levés tôt, avons fait nos étirements habituels, avons dégusté à sa juste valeur un petit déjeuner diététique, puis avons décidé dans une harmonie de groupe proche de la symbiose de visiter la région en véhicules motorisés à deux roues.
La route est idéale et restera dans nos mémoires comme un exemple de discipline. Arrivé au bord de l'immense cratère extérieur de 12 km de diamètre, notre vue voltige du lac Batur au volcan intérieur, le Gunung Batur. Le recueillement est de rigueur face aux formidables forces endormies de mère nature.
Reste de la journée : RAS.
Rentrons à Ubud. On s'arrête à la grotte de l'éléphant ; moment d'intense méditation karmique et de sagesse dévoilée en position du lotus à trois pattes. Conclusion : cette journée fabuleuse de partage culturel et de communion avec la nature nous a profondément fait réfléchir sur notre existence éphémère et sur le sens du mot amitié. Nous avons aussi décidé de plus nous occuper de nos amis et moins des choses matérielles, et promis à l'éléphant de ne pas mettre nos aînés en maison de retraite... en tout cas pas avant 65 ans.
Journal de l'Agent X sur cette horrible journée d'été 2010 à Bali (interdit aux parents, aux proches et aux intimes) :
Tout a mal commencé.
La situation est simple : ils louent des scooters pour se promener. Ceux qui ont leur permi international sont les seuls à n'avoir JAMAIS conduits de bécane ou autre. Max le pro des mobs (il a eu une adolescence dorée) n'a PAS son permis étranger. Donc, on décide de mettre Max derrière Tatal pour la grande première de celui-ci. Max fait 170,8 % le poids de Tatal. Et il a un centre de gravité 47 cm plus haut que celui de son partenaire. Tous les experts s'accordent sur le fait qu'ils ne feront pas dix mètres dans Ubud.
Ubud c'est la quintessence de Bali, c'est-à-dire le royaume des scooters fous. Les premiers tours de roue fébriles de l'improbable duo s'effectuent donc directement DANS ces rues-là.
Max ferme fermement les yeux. Tatal aussi. Les scoots ubudiens ont tous décidé de sortir exactement à la même heure que nos aventuriers suicidaires. Et les voitures s'y mettent, pressant l'arrière-train du scooter déguingandé. Le scoot tangue dangereusement. Devant, Miguel & Elsa et Marie sifflotent en contemplant leurs ongles. Le premier obstacle arrive : un carrefour. Mais un carrefour balinais. Du genre chacun pour sa peau. Ils s'engagent échappant de justesse à une cascade de collisions en série ; un concert de klaxons approuve cette dextérité hors du commun... ou alors il la conspue. Max repousse les autres scoots du pied et Tatal s'engage sur le capot d'une voiture. D'un bond impossible les deux compères criant à tue-tête se retrouvent dans un temple hindouiste en pleine cérémonie du singe (ils croisent Hanuman qui leur dit mystérieusement "à ce soir"). S'ensuit une sortie rocambolesque à la suite de laquelle le scooter fou traverse le marché de légumes de la ville, semant une pagaille digne de "Laurel et Hardy se prennent pour Indiana Jones". Finalement, le duo sort dignement de la ville mise à sac sous les prières de pitié des habitants.
Le groupe se dirige alors vers le Gunung Batur et son lac et ses deux cratères, une trentaine de kilomètres au nord (à peu près le tiers de l'île en largeur). Sur les routes tranquilles sans polisi, Tatal supplie Maxime d'échanger de place. Max accepte avant même la question. La suite est agréable. Jusqu'à la panne de Mig et Za un kilomètre et demi avant l'arrivée. Subitement ils n'avancent plus qu'à deux à l'heure. Personne ne fera de blagues douteuses sur leur poids. Mig est contraint de finir les côtes à pied sous les quolibets. Après arrangement avec les locaux et une aide de proximité toujours impeccable et souriante, on doit attendre une heure qu'un autre scoot arrive d'Ubud. Dieu merci et heureusement, juste en face du garage à scoots il y a un musée. Typique. Sur les volcans. On y réapprend donc à peu près tout ce qu'on a appris au collège sur les volcans. Ahah !
Les secours arrivés, ils plongent dans le cratère immense vers le lac. Paysage beau et laveux. Ou lavable. Enfin, plein de lave froide quoi. Mangent dans un resto vide. Plats locaux. Repartent pour faire le tour du sommet sommital central du Batur. Route bonne. Puis mauvaise. Très. En fait c'est un chemin pour camion (ramasseurs de lave), rempli de nids de poussière et de trous de graviers. Les débutants se régalent. "Fait ***** !!! Bordel de %!@{" Et en plus on prend des coups de soleil torrides. S'ensuit au bout de quelques temps une remontée abrupte dans laquelle doubler les sus-dits camions devient sport extrême. Mig et Elsa sont contraints de caler en pleine course. Personne ne fera de blagues douteuses sur leur poids. Max et Marie s'en sortent bien. Tatal, n'étant pas habitué à rouler seul, devient un danger public.
En début de soirée (vers 17h ici), après avoir déroulé le bitume parmi un paysage de rizières splendides digne de l'asie du sud-est, ils s'arrêtent à la grotte de l'éléphant. L'air nonchalant, aucun d'eux n'aura d'inspiration spirituelle, ce sont des touristes après tout. Ils décident de retourner à Ubud. La circulation se redensifie. Marie, Mig et Elsa sont comme des singes en pâte. Le duo Max/Tatal fait encore des siennes : sans commentaires. Et au final aucun policier ne les aura arrêté. Retour à l'hôtel. Fin du supplice du deux roues : Max et Tatal remercient les dieux d'une bière d'avant spectacle pour être revenus saufs (ils ne sont pas très sains, ni saints). Les autres les accompagnent d'un quatre heures typiquement français.
Sans prendre le temps d'une douche, ils partent pour un petit village sans prétention de 700 habitants. C'est l'heure du show ! Le kecak ! Célèbres danses balinaises chorégraphiée... par un allemand dans les années 20. Mais les danses-théâtres sont magiques (le mot est lâché !). Dans un cercle composé d'hommes qui déclament des chœurs syncopés sans interruption et sans faute pendant une heure, se déroulent onze scènes éblouissantes animées par des danseuses qui redéfinissent à elles seules le mot "mignonne". S'ensuit une valse de costumes chatoyants et de gestes délicats plus précis qu'une horloge atomique : c'est l'apotéose balinaise !! Nous sommes en émois. (Personne n'a vraiment compris l'histoire de Rama et sa princesse mais Hanuman y a fait une apparition remarquée avec son armée de singe).
Dix heures passés : l'heure de manger enfin. Il est grand temps de se pieuter...
Mardi 31 - Au cœur de Bali
Le matin on fait une grasse mat'. Cool. Enfin les filles se lèvent le pied allègre et toutes fières-à-bras vont faire des courses de vacances, c'est-à-dire du lèche-vitrine. Après le ptit dèj' composé de crêpes vertes, les garçons vont à la cafèt'. Euh ! Ils trainent sur internet : ici il est 9 h (et oui, on a fait une vraie (!) grasse matinée), donc en France 3 h du matin et personne n'est connecté ! C'est fou ça quand même. Bon, se passe ensuite diverses batailles de polochons et de choses assez inadmissibles pour les mœurs. Le temps passe bizarement vite sans les filles mais elles finissent toujours par revenir au bercail avec moult boucles d'oreilles. On a faim, nous les garçons ! On veut des patates ou un truc comme ça. Mais c'est restriction aujourd'hui ! Le budget est étroitement surveillé et on à le droit qu'à des plats à trois euros !! C'est un comble !!!
Bon, bah du coup, après on file en taxi (c'est joli les rizières mais tout le monde dort, c'est l'heure de la sieste) vers le centre-est de l'île. Et pourquoi faire d'après vous ?
Et oui ! Comme on approche de la fin du voyage, il est grand temps de penser à faire - une fois n'est pas coutume - le volcan-qui-tue-de-la-fin-du-voyage. On part donc pour la vallée Semeden ! Après une habile négociation menée tambours battants, associée à la stratégie "bon bah, désolé c'est trop cher ici", on se paye un magnifique package chambre de luxe/restau/gunung agung (3142 m, point culminant de l'île). Tout ceci grâce à notre gentille hôtesse surnommée Grandes Dents (ce nom est trompeur, elle était tout à fait au goût de certain).
Nan, parce qu'on est en manque de trek là quand même ; un VRAI trek qui nous fait regretter de le faire quand on le fait...
Ah oui, on a aussi fait une petite promenade d'échauffement dans la vallée des rizières merveilleuses, avec des gosses mimis tout plein, des temples, des gens nus dans la rivière et de gentilles jeunes villageoises qui ont flashé sur Max (mais on ne sait jamais quel âge elles ont vraiment entre 14 et 34 ans - d'après nos estimations). Ce fut une balade puissamment gérée et onctueusement typique qui a ravie nos pieds et nos corps. (Grandes Dents nous avait fourni un plan personnel des environs. "On est où là ?! Mais ça va pas !!!") Mais les photos de notre expert parlent d'elles-mêmes. Finalement, c'est reposant pour des touristes comme nous de retrouver des coins sans touristes comme nous... (On vous recommande le coin mais dépêchez-vous, d'ici deux-trois ans ça sera envahi !)
Point argent : 1 000 000 de ruppiahs indonésiennes (IDR) = 86 euros français (€fr). Voilà.
Bon bah c'est pas tout ça, mais on se lève à 1 heure du mat' pour ce foutu volcan, car oui, les volcans ça se fait la nuit vous le savez bien, parce qu'un magnifique lever de soleil au-dessus de tout Bali c'est inoubliable...
Allez jeu-concours : Pourquoi le scoot de Miguel et Elsa les biens nommés a t-il renoncé à les transporter :
1. Usure de la courroie.
2. Pétage du frein de Miguel (aïe).
3. Panne du joint de culasse.
4. Rupture des supensions à cause du poids des passagers.
5. "Oh bah ça ! C'est la tête de delco, m'dame."
6. Panne de batterie.
7. Le coup de la panne d'essence, à cause d'une jauge disfonctionnelle.
8. Foulard d'Elsa coincé dans la roue.


Alors ce volcan, vous en êtes venus a bout...?
RépondreSupprimerBon moi j'dis 3...mais bon moi et la mécanique, ça fait 2 !
Bonne continuation !
Et moi, j'ai le droit de jouer ? Je dis 7 en tout cas !!
RépondreSupprimerBisous les amis et à très bientôt (je ne voudrais pas être rabat-joie, mais les vacances, c'est terminé là !!) !
je dirais réponse 4 mais de réputation ce sont de trèd grands sportifs!! je pense que ça doit être le poids leurs muscles qui a du faire peter les suspensions!!
RépondreSupprimeril me tarde de te revoir veinard de pti frère
aurélie gribouille
reponse 7 pour moi aussi mais à priori Aurelie m'a devancé de quelques heures ... Bon retour et surtout ne vous trompez pas d'aeroport à kuala (c'est pas lcct) ça peut ariver même aux meilleurs ...bisous
RépondreSupprimerLe résultat n'étant pas tombé, je me permets de participer à ce jeux-concours tardivement;
RépondreSupprimerAlors, j'aurais bien dit le 1,2,3,4 dû au 4 et au 8, mais je voterai finalement pour le 5 (plus fun) !
je dis 8
RépondreSupprimerml
Allez on va dire 6 pour avoir une chance de gagner ...
RépondreSupprimerComme toujours superbe les photos !!
Elo&Max.
alors je dis 2 :D
RépondreSupprimerml
Bon ben si on a droit de re-tenter sa chance...on va dire 1 !
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